En 1944, lors de la formation du GEMRC, la plupart de nos techniciens répairaient tous les types de véhicules motorisés. La mise en service de nouveaux équipements a accru le besoin de réparations et a engendré la création de nouveaux métiers pour répondre à cette problématique. Au départ, les techniciens réparaient tous les types de véhicules. Avec l'utilisation de plus en plus fréquente de véhicules blindés, on a scindée le métier en deux pour créer les métiers de technicien de véhicules à roues et celui de technicien de véhicules blindés. La plus haute de qualification du métier était alors celle de maître mécanicien.
Les niveaux de qualifications du métier ont d'abord été désignés par les lettres A, B et C. Des changements majeurs se sont produits en 1946 quand ces groupes ont été désignés groupe un à groupe quatre, ce dernier représentant le plus haut niveau, celui de maître mécanicien.
Au fin des années soixante, suite à l'unification des Forces armées, toutes les occupations liées à la réparation de véhicules ont été regroupées au métier de technicien de véhicules. Ce fut la plus grande transformation dans l'évolution du métier. C'est à ce moment-là que l'on a cessé de donner la plupart des cours de perfectionnement, et d'enseigner la théorie mécanique et le diagnostic détaillé. Suite à la mise en service d'équipements électroniques d'essais perfectionnés, l'accent a été mis sur la formation en diagnostic et sur le remplacement des composantes défectueses. L'analyse de profession du métier tenu en 1980 a donné comme résultat la mise sur pied de la structure actuelle qui comprend les niveaux de qualification de 3 à 7.
De nos jours, le métier de technicien de véhicule est celui qui compte le plus grand nombre de techniciens au sein du service Génie électrique et mécanique. Puisque qu'il apparaît que la mécanisation des Forces armées se poursuivra, les techniciens de véhicules continueront à prédominer tout en s'adaptant aux changements technologiques des véhicules de l'armée.
Une des faits marquants des 50 dernières années est sans aucun doute le dévouement et le dur travail accompli par les milliers de Canadiens qui ont servi comme technicien d'armement (Terre). Peu importe la dénomination qu'eut le métier, qu'on ait appelé ses membres armuriers, plombiers de canon, artificiers, mécaniciens de canon ou autre, ils ont toujours fait partie intégrale de l'Armée canadienne. De la seconde guerre mondiale jusqu'aux opérations actuelles de maintien de la paix de l'ONU, de Normandie jusqu'en Yougoslavie, les membres du métier de l'armement ont toujours très bien maintenu les canons et les armes utilisés par les Forces canadiennes.
Les origines des techniciens d'armement du GEM remontent à l'âge victorienne. Durant la réorganisation de l'Armée britannique, au milieu du 19e siècle, on forma deux corps d'experts techniques qui étaient responsables de la maintenance et des réparations des armes. Le premier, formé en 1858, fut le Corps des armuriers sergents que était responsable de l'inspection et de la réparation des armes portatives en entreposage ou à l'usine. Le second, le Corps des armuriers artificiers, formé en 1882, était, quant à lui, responsable des pièces d'artillerie. Plus tard, on regroupa les deux organisations pour former le service du matériel de l'Armée.
Comme ses prédecesseurs, le technicien d'armement est responsable de réparer les armes de l'Armée. Les métiers distincts de technicien en armes portatives et technicien d'armement du GEMRC ont été amalgamés au début des années 60, de sorte que le technicien d'aujourd'hui est maintenant responsable de toutes les armes, du pistolet à l'obusier 155mm. Durant une journée typique, un technicien peut vérifier le système hydraulique de la tourelle d'un véhicule blindé de combat, ouvrir subrepticement un coffre-fort verrouillé ou réparer un fourneau, une lanterne ou une bicyclette. D'autres sont impliqués dans le contrôle de la qualité à l'usine d'un manufacturier, la gestion de projet, le soutien à la recherche et au développement, ou comme gestionnaires de cycle de vie du matériel pour les armes en service. Le métier a évolué bien au-delà de la simple réparation des armes!
Depuis plus de 50 ans, le technicien d'armement et ses ancêtres ont oeuvré à assurer la disponsibilité des armes de tous calibres pour l'Armée. Bien que dans les 50 prochaines années, les armes utilisées seront probablement très différentes des armes actuelles, il ne fait aucun doute que le haut degré de compétence atteint dans le passé demeurera le même à l'avenir.
La structure initiale des métiers du GEMRC comprenait plus de 25 métiers. Les responsabilités associées à bon nombre de ces métiers consistaient à réparer les équipements électriques, les instruments et les pièce mécanique de précision. De fait, vers 1958, quand la structure des métiers en instruments fut simplifiée, celui d'artisan en instruments niveau 4 fut crée à partir des quatre occupations d'artisan suibantes: instruments de campagne, défense côtière, défense antiaérienne et défense côtière et antiaérrienne. De même, le technicien-instrument remplaça trois métiers, soit celui d'électricien, de technicien en optique, et de technicien de défense côtière et antiaérrienne. A cette époque, les métiers d'horlogers, de mécaniciens des machines à écrire, de mécaniciens en électricité, d'artisans en électricité, de techniciens en systèmes de contrôle du tir (antiaérien) et d'artisans en systèmes de contrôles du tir existaient toujours. Dans les années 1960, suite à l'intégration et l'unification, tous ces métiers ont été soit éliminés, soit regroupés au nouveau métier de technicien électromécanique. Suite à ce mariage forcé, les différences évidentes entre l'ancien métier de technicien en instruments et celui d'électricien ont souvent été la cause de frustrations pour nos artisans.
De 1968 à 1978, avec l'introduction de plusieurs nouveaux systèmes électroniques, l'envergure des tâches et le niveau de technologie assigné à ce métier augmentèrent considérablement. Il était devenu de plus en plus difficile disponsible, tout en maintenant un niveau d'expertise acceptable pour les systèmes d'équipement électro-optique modernes. Par conséquent, en 1978, le métier a une fois de plus été restructuré à la faveur des métiers de techniciens en électromécanique, de techniciens de contrôle du tir (électronique), de techniciens de contrôle du tir (optique) et de technicien de systèmes de contrôle du tir.
Depuis 1978, les systèmes électroniques et électro-optiques modernes tels le système de défense aérienne et antichar (un système sophistiqué avec missile bivalent), les équipements d'observation de nuit, le système d'alignement et de contrôle du canon, l'ordinateur d'artillerie MILIPAC et les simulateurs d'entraînement électroniques ont offert tout un défi aux techniciens en contrôle du tir. Si la technologie progresse au même rythme dans les prochaines 50 années qu'elles l'a fait depuis la création du GEMRC, les artisans responsables de la maintenance des systèmes contrôles du tir auront un avenir rempli de défis.
Le métier de technicien des matériaux est le quatrième et tout dernier membre (à titre de nom seulement) à se joindre au Service du GEM. L'art pratique de ce m"étier existe depuis longtemps, on pourrait même dire longtemps avant la création du Corps du GEMRC. Depuis fort longtemps, les armées ont toujours eu besoin du soutien des ancêtres du technicien des matériaux, comme les forgerons, les selliers, les assembleurs, les charrons, les couturiers pour tentes et bien d'autres. tout comme le GEM, le métier de soutien en matériaux a été désigné de diverses façons, au cours de son évolution.
Le métier de technicien des matériaux trouve ses racines dans les métiers du Corps du GEMRC et du Corps royal canadien des magasins militaires, comme les charrons, les carrossiers, les ferblantiers, les forgerons, les soudeurs, les machinistes, les travailleurs du cuir et du textile et les charpentiers du Génie royal canadien. A l'époque du GEMRC, ces métiers existaient pour remplir des fonctions spécifiques, dont certaines était accomplies à l'intérieur de plus d'un métier, comme c'était le cas chez les armuriers et les techniciens de véhicules.
Avec l'unification des Forces armées en 1968, les métiers de soutien en matériaux de l'Armée ont cessé d'exister et leurs tâches ont été accomplies par les métiers d'atelier de l'Aviation (technicien des métaux, machiniste et finisseur). Ces métiers de l'Aviation, de même que ceux du G MAT ne repondaient pas pleinement aux besoins de l'élément terre. Cela a été confirmé par une analyse des métiers d'atelier de l'Aviation de juin 1982 et du service du G MAT en juillet 1983. Le 1er janvier 1985, nombre de fonctions de soutien en matériaux (machinage, soudure, réparation de carrosserie et peinture, textile, menuiserie et ferblanterie...) ont été réunies pour former le métier de technicien des matériaux.
L'évolution et la création du métier sont comparables à la formation même du GEMRC qui, en 1944, se cherchait une identité et une place au sein de l'Armee. Dans le même ordre d'idées, le métier de technicien des matériaux a trouvé sa place en tant que membre à part entière au sein de la famille du GEM.
Le métier de technicien des matériaux a prouvé qu'il pouvait relever les défis qu'on lui a confiédepuis sa création. Et tous les membres du métier sont prêts à relever les défis de demain, au meilleur de leur compétences, venant renforcer la crédibilité déjà considérable du GEM.