La Musique de l'Artillerie royale canadienne - Histoire

Les racines de la Musique de l’Artillerie royale canadienne (ARC) que vous connaissez aujourd’hui remontent essentiellement à la Musique de l’ARC créée à Montréal en 1968. Toutefois, tout a commencé bien avant, car plusieurs musiques de l’artillerie ont existé simultanément dès 1879. On peut retracer l’origine de la Musique de l’ARC à Québec. La Musique de la batterie « B » de l’Artillerie royale canadienne a été créée en 1879. Elle était composée de volontaires de la Milice et de musiciens professionnels venant de l’Angleterre et de la France. Elle devint en définitive la première musique militaire permanente au Canada. En 1899, elle fut baptisée The Royal Canadian Garrison Artillery Band (RCGA).

La Musique de la RCGA fut formée sous la direction de Joseph Vézina, célèbre musicien québécois aux accomplissements remarquables. Vézina créa et dirigea de nombreuses musiques militaires et musiques d’amateurs; il fut aussi le premier chef de l’Orchestre symphonique de Québec. En outre, Vézina dirigea plus de 100 musiciens pour la première interprétation de « Ô Canada », qui eut lieu le 24 juin 1880 pendant un banquet de la Saint Jean-Baptiste, à Québec. Une deuxième musique de l’artillerie, celle du Royal Canadian Horse Artillery (RCHA), fut créée à Kingston en 1905; elle était dirigée par le major Alfred Light.

La Musique de l’ARC fut active pendant les deux guerres mondiales et la guerre de Corée. En plus des concerts qu’elle donna au Canada, elle se produisit dans de nombreux pays du monde. Pendant la Première Guerre mondiale, elle était basée à Québec. Le calibre de la Musique de la RCGA à l’époque est décrit dans un article du Montreal Star publié le 16 août 1916 : « La Musique de la Royal Canadian Garrison Artillery, basée à la Citadelle de Québec, est connue à juste titre comme l’un des meilleurs orchestres d’Amérique du Nord. Son répertoire est remarquable et il est peu probable qu’il y ait au Canada une autre musique offrant des représentations plus diversifiées. » [Traduction libre] La Musique de la RCGA et celle du RCHA étaient les deux seules formations militaires qui jouaient encore au Canada à l’automne de 1918.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il y eut des musiques au Canada et outre-mer. En 1941, le capitaine Streeter, coordonnateur et directeur de musique pour les unités basées au Canada, organisa l’envoi de trois musiques outre-mer. L’une d’elles était la Royal Canadian Artillery (Overseas) Band. Ces musiques étaient excellentes et elles remportèrent un succès immense. Tout comme aujourd’hui, la Musique de l’ARC avait plusieurs cordes à son arc, et comprenait un orchestre de danse, un orchestre de musique traditionnelle, un orchestre de salon, une chorale, et des solistes de musique instrumentale et vocale. En 1944, il y avait, outre-mer, dix musiques à temps plein. À la fin de la guerre, toutes les musiques de la Force régulière furent démantelées, et trois furent recréées. L’une d’elles était celle du Royal Canadian Horse Artillery, basée à Shilo (Manitoba), puis à Winnipeg.

Pendant la guerre de Corée, l’Armée prit de l’ampleur et la taille et le nombre des musiques augmenta. En 1952, la Musique de l’Artillerie royale canadienne fut créée à Halifax sous la direction du Capt E.R. Wragg. En 1953, elle se rendit en Corée pour divertir les troupes. En 1955, le capitaine Kenneth Elloway devint le nouveau chef d’orchestre et il fit connaître la Musique de l’ARC sur la scène internationale. Il organisa des passages à la BBC, fit venir des musiciens invités et la dirigea au cours du tattoo qui eut lieu en 1957 aux Bermudes. De retour au Canada, la Musique joua régulièrement sur CBC et fut un excellent outil de relations publiques pour l’armée à Halifax.

Après l’unification des Forces canadiennes (FC) en 1968, la Musique de l’ARC à Halifax fut démantelée et on la remit sur pied à Montréal. Le succès remporté par la Musique à la fin des années 1980 est étonnant. En 1988, elle se produisit devant plus de 100 000 spectateurs au Canada et en Europe. En 1989, elle fut l’attraction principale d’une tournée de musiciens des FC dans tout le Canada. En 1994-1995, la Musique de l’ARC participa à la campagne « Le Canada se souvient » qui commémorait la contribution du Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle se rendit en Asie, en Angleterre, en Hollande et en Belgique.

La Musique de l’ARC déménagea officiellement de Montréal à Edmonton le 4 décembre 1997 (jour de la Sainte-Barbe, patronne des artilleurs). Elle continue de représenter les FC, localement, dans tout le Canada, et à l’étranger. En tout, ses musiciens donnent environ 250 représentations par an. Cela comprend des défilés, cérémonies et autres manifestations militaires, des défilés civils comme celui du Stampede à Calgary ou de la Capital Exhibition à Edmonton, le concours hippique de Spruce Meadows, des concerts dans les écoles, les visites royales, des réceptions militaires ou officielles, et des concerts de gala.

Depuis qu’elle est à Edmonton, la Musique de l’ARC voyage beaucoup. En 2000, la Direction de l’histoire et du patrimoine la choisit pour représenter le Canada au tattoo international de Kangwon. Le tattoo commémorait le 50e anniversaire du début de la guerre de Corée. Il se déroula à Wonju, en Corée, et réunit des musiques de dix-huit pays. En 2004, la Musique de l’ARC fit une tournée d’une semaine en Bosnie-Herzégovine. Le clou de la tournée fut la participation de la Musique à la cérémonie de transfert d’autorité du brigadier-général Beare, qui eut lieu à Banja Luka. Il y eut une deuxième tournée en Corée du Sud en 2004, au cours de laquelle la Musique donna des concerts et participa à des tattoos. En 2006, elle se rendit en Suède, pour se produire au Kungstradgarden et à Strägnäs devant des auditoires immenses; elle y reçut des critiques élogieuses. Le point fort de la tournée fut la participation de la Musique de l’ARC au 20e tattoo militaire suédois : elle défila jusqu’au palais royal en jouant Voice of the Guns, Glorious Victory et Barren Rocks.

La Musique de l’ARC a été deux fois aux Pays-Bas, soit en 2009 et en 2010. La première fois, c’était à l’occasion de la Marche de Nimègue. Il s’agit de la plus grande manifestation mondiale de marche, qui attire des milliers de participants et plus d’un million de spectateurs. La Musique de l’ARC se produisit à différents endroits sur le tracé, et elle marcha en tête du contingent canadien pendant les cinq derniers kilomètres de la marche. Le deuxième, et plus récent, voyage se déroula en 2010, lorsque la Musique prit part à la commémoration du 65e anniversaire de la libération des Pays-Bas en compagnie du contingent des Forces canadiennes.

De nos jours, la Musique de l’ARC emploie 35 musiciens à temps plein. Les candidats à un poste font l’objet d’un concours avec audition. Les musiciens retenus ont souvent plusieurs diplômes en musique et une grande expérience professionnelle. En outre, chaque musicien doit obtenir toutes les qualifications militaires élémentaires : la Qualification militaire de base, le test d’aptitude physique au combat, la qualification au champ de tir, et le certificat de premiers soins.

En plus de faire partie de l’harmonie de concert, les membres de la Musique de l’ARC jouent dans un grand nombre d’ensembles plus petits, offrant des genres différents : country, pop, jazz, rock, corps de cornemuses et musique celte.

En 2008, pour la première fois de son histoire, la Musique de l’ARC accueillit dans ses rangs un cornemuseur de la Force régulière, le caporal Jim Douglas. Le corps de cornemuses de l’ARC comprenait quatre musiciens en 2010; il participe pleinement dans de nombreux concerts et cérémonies. En novembre 2012, il donna un concert public intitulé « Hail to My Country » à l’appui du Fonds « Soldat en mouvement ». À cette occasion, et pour la première fois, un grand nombre de corps de cornemuses de la Force régulière des FC, venant de tout le Canada, jouèrent ensemble en concert.

Les couleurs régimentaires de la Musique de l’ARC sont le rouge cramoisi et le bleu nuit, comme elles apparaissent sur le drapeau de l’unité. Les membres les portent fièrement sur des uniformes d’époque, à l’occasion de cérémonies spéciales, avec un bonnet en poils de martre. Ce sont également les couleurs portées sur la tenue de cérémonie pour les concerts, auxquelles s’ajoutent le nœud papillon et la ceinture drapée pour les concerts donnés en soirée. Les devises de la Musique de l’Artillerie royale canadienne sont UBIQUE (Partout) et QUO FAS ET GLORIA DUCUNT (Où le droit et la gloire nous mènent); elles se trouvent sur l’insigne de coiffure avec la représentation d’un canon, symbole de l’artillerie.

Par : Sergent Robert Spady

La Musique de l’Artillerie royale canadienne

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