ARCHIVÉE - Le brigadier général Turner pendant la Deuxième Guerre mondiale

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Article / Le 26 janvier 2015 / Numéro de projet : 4cdndiv-ar-0126

La destruction d’un PO ennemi à Bienen, de l’autre côté du Rhin

Le 23 mars 1945, toutes les divisions du 21e Groupe d’armée occupaient une position à l’appui de la 15e Scottish Lowland Division et de la 51e Highland Division, les deux divisions chargées de franchir le Rhin. Le point de franchissement se trouvait aux environs de Rees. Toutes les pièces du 21e Groupe d’armée devaient appuyer les deux divisions pendant le franchissement du fleuve. À cet endroit, ce dernier faisait environ 500 verges de largeur.

On nous a remis une carte de la région sur laquelle plusieurs centaines de cibles avaient été imprimées. Nous avons consacré la majeure partie des quarante‑huit heures suivantes à reporter les cibles sur nos planchettes de secteur et à calculer la direction et la portée pour atteindre ces cibles afin de les inscrire dans nos registres d’objectifs. Il ne restait plus alors qu’à tenir ces derniers à jour en apportant les changements météorologiques (température, vitesse et direction du vent, etc.) à toutes les quatre heures.

L’artillerie était composée d’environ 1 400 pièces de tous les calibres – super lourds de 9,2 pouces, mortiers de 5,5 pouces et de 25 livres. Un représentant de chaque formation d’artillerie rendait compte au major de brigade, Artillerie royale (MBAR) de la 51e Highland Division qui était le contrôleur du tir. Je fus désigné comme représentant de la 4e Division blindée canadienne. Je suis allé me présenter au MBAR qui m’a ordonné de me rendre à une tente annexée à son poste de commandement. Il devait y avoir dans la tente 20 officiers représentant chacun les diverses formations d’artillerie à l’appui du franchissement. Je me suis assis à une table et j’ai demandé à mon signaleur d’apporter le poste mobile de radio. J’ai déplié la grande carte représentant la zone de franchissement du Rhin et toutes les cibles représentées graphiquement. Nous nous trouvions à environ 1 000 verges du Rhin.

Le combat en vue du franchissement a commencé et nous avons engagé toutes les cibles « Yoke » (groupe d’armée) selon les ordres de l’officier observateur avancé (OOA) qui a franchi le Rhin en même temps que les formations de tête. Un OOA 7 qui avait été parachuté conjointement avec les troupes aéroportées était également sur place. Ce fut un moment très affairé et très excitant.

Puis, le cmdt du Black Watch (britannique) a communiqué avec le MBAR par radio pour lui dire qu’il était complètement immobilisé. Chaque fois qu’il essayait de progresser vers l’avant, il essuyait le tir de l’artillerie ennemie. Selon lui, le tir provenait d’un PO situé dans le clocher de l’église du petit village de Bienen. Il nous demandait d’utiliser un canon moyen pour détruire le clocher. Le MBAR lui a demandé à quelle distance du clocher se trouvait son bataillon. Le cmdt a répondu : « à environ 400 verges ». Le MBAR lui a dit de demander à ses soldats de baisser la tête et de ne pas bouger. Puis il s’est tourné vers tous ceux qui se trouvaient dans la tente et il a ordonné : « Cible no 1234 – engagement global, table 1. Heure sur l’objectif (HSO) dans 7 minutes ». (Il nous a donné l’heure exacte.) Nous avons tous transmis ces ordres de tir à notre formation d’artillerie respective. Cela signifiait qu’environ 1 400 obus explosifs atterriraient exactement au même moment sur le clocher de l’église de Bienen, ou à proximité! Nous sommes devenus silencieux, attendant la suite des événements, et à HSO moins 40‑45 secondes, nous avons entendu les super lourds, les mortiers de 9,2 pouces, puis les canons moyens et enfin, entre 10 et 15 secondes avant HSO, les canons de 25 livres ont ouvert le feu.

À l’heure sur l’objectif précisément, nous avons entendu les 1 400 obus explosifs éclater dans le village. Le MBAR a attendu une minute, puis il a communiqué avec le cmdt du Black Watch par radio pour lui demander si nous avions atteint le clocher de l’église. Le cmdt a répondu : « atteindre le clocher – mon Dieu, le village tout entier a disparu et il ne reste plus que des débris ». Bienen avait été un agréable petit village sur la rive opposée du Rhin.

Nous avons continué à avancer, et graduellement, nous avons tous franchi le Rhin et poursuivi notre progression en Allemagne. Mon régiment a traversé le Rhin à bord d’un pont flottant surnommé « le pont d’oncle Stanley ». (D’après le cmdt de l’Artillerie royale du corps d’armée, le brigadier Stanley Todd.)

Lorsque nous étions stationnés en Allemagne aux côtés du 4e Groupe‑brigade d’infanterie canadienne, nous nous sommes rendus à Bienen lors d’un de nos congés familiaux. Le clocher et l’église avaient été reconstruits à l’aide d’une bonne partie des briques d’origine, le village avait été reconstruit également et il s’était agrandi.

Note du rédacteur en chef : Le brigadier‑général (à la retraite) WW Turner a été colonel commandant de l’Artillerie royale canadienne de 1979 à 1986. Il s’est entraîné avec le 7th Toronto Regiment avant de participer au déploiement outre-mer pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Il a pris sa retraite en 1977 et il habite à Kingston, en Ontario.

http://www.artillery.net/beta/turnerww/

Plaque commémorative à Bienen

Aujourd’hui, il existe une plaque commémorative près de l’église de Bienen où le Bgén Bienen a ordonné le tir en 1945.

Cette plaque a été offerte avec fierté et reconnaissance par un groupe de vétérans du north Nova Scotia Highlanders, 3e Division d’infanterie canadienne, à la mémoire des 40 membres de leur régiment qui sont tombés au combat à bienen, en Allemagne, le dimanche 25 mars 1945 et à la mémoire de leurs compagnons de la 9e Brigade d’infanterie canadienne (Highland) et de la 51 British Highland Division qui sont morts dans le même combat et pour la même cause et aussi, avec respect, à la mémoire des adversaires de l’armée allemande qui sont décédés en ce même jour fatal.

Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux. Plaque érigée à Bienen le jour du 55e anniversaire du combat

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