Recruteur de l’Armée honoré pour avoir favorisé la diversité

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Article / Le 14 avril 2016 / Numéro de projet : 16-0047

Winnipeg (Manitoba) — L’Adjudant-maître Paul Lucas veut se retrouver sans travail. Il semble qu’il soit en bonne voie d’atteindre ce but.

L’Adjum Lucas sera récompensé par une Médaille du service méritoire (MSM) par Son Excellence le très honorable David Johnston, le 29 avril 2016, pour son succès extraordinaire au niveau du recrutement de Canadiens autochtones au sein des programmes des Forces armées canadiennes (FAC).

« J’aimerais voir le jour où nous n’aurons plus besoin de faire de recrutement ciblé et où ce sera tout simplement la norme – où la diversité fera inscrite dans l’ADN des Forces armées canadiennes. Je crois que c’est là qu’il faut porter la vision. »

« Je m’efforcer de ne plus avoir de travail », ajoute-t-il en riant.

Travaillant au bureau du recrutement de Winnipeg (Manitoba), l’Adjum Lucas est un officier de la diversité qui visite des collectivités sur une vaste bande de terre qui comprend non seulement le Manitoba, mais également le nord-ouest de l’Ontario et le Nunavut. Il n’est donc pas surprenant qu’il désigne la géographie comme l’une des principales difficultés de son travail.

« Je parcours habituellement environ 25 000 kilomètres par année pour recruter » affirme-t-il.

L’Adjum Lucas reçoit la MSM pour avoir réussi à attirer plus de 100 candidats aux divers programmes, et ce, chaque année de 2005 à 2015. S’efforcer de visiter de nombreuses collectivités éloignées comme il le fait est un aspect clé de cette réussite, indique-t-il.

« Je sais que la technologie est fabuleuse », mentionne-t-il, « mais je crois que le fait de prendre le temps de venir en personne, en uniforme, et d’être respectueux tout en représentant fièrement les Forces armées canadiennes est très productif. »

L’Adjum Lucas recevra officiellement la médaille lors d’une cérémonie qui se tiendra au printemps à Rideau Hall, à Ottawa, et il est déjà autorisé à ajouter le suffixe « MSM » à son nom. Bien que le recrutement soit une expérience très différente de celle qu’il a vécue au sein du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI), unité à laquelle il s’est jointe lorsqu’il était lui-même une nouvelle recrue en 1983, l’Adjum Lucas souligne que les leçons qu’il a apprises là sont encore pertinentes.

« Je suis très honoré et très touché de recevoir cette récompense » affirme-t-il. « Il est évident que je ne suis pas seul. Je suis entouré d’une équipe formidable et j’ai un bon soutien, ce qui est bien. Et je crois qu’une bonne partie remonte aux jours où je faisais partie des Princess Patricias. Quelle que soit la tâche qu’on nous confiait, nous y mettions tous nos efforts. Plus que tout, mon histoire avec le PPCLI m’a enseigné que chaque tâche qui méritait d’être faite méritait d’être bien faite. Les efforts positifs donnent des résultats positifs. »

Avant de passer au recrutement en 2003, l’Adjum Lucas a été envoyé en déploiement en Allemagne avec le PPCLI, et il a effectué des missions à Chypre et dans l’ancienne Yougoslavie. L’on pourrait penser qu’un soldat qui a autant d’expérience trouve à peu près tout facile, mais l’Adjum Lucas affirme que les réussites qui lui ont permis de recevoir la MSM ne se sont pas arrivées du jour au lendemain.

Il souligne qu’attirer un premier groupe de recrues qui pourrait servir d’exemple pour leurs pairs a été le premier obstacle.

« Je dirais que dans l’ensemble, la plus grande difficulté a été de recruter les premiers jeunes hommes et jeunes femmes pour qu’ils deviennent un exemple de réussite pour des communautés particulières. Lorsqu’un ou deux d’entre eux à la chance de faire partie de programmes comme Bold Eagle, Raven, Black Bear, cela fait boule de neige. »

Selon lui, l’Adjudant-maître Grant Greyeyes, le conseiller en matière autochtone de l’Armée canadienne, ainsi que ses collègues de Winnipeg, lui ont apporté une aide précieuse.

« Je dois être capable d’être mal à l’aise, parce que je ne suis pas d’ascendance autochtone. Et l’Adjum Greyeyes m’a dit : "si tu veux vraiment te présenter sous ton meilleur jour, tu ne dois pas avoir peur d’être mal à l’aise. Passe par-dessus ça, assiste aux pow-wows, participe aux défilés solennels. Apprends et apprends encore." Lorsqu’ils sont vu que j’étais quelqu’un de sincère, cela a fait beaucoup pour obtenir les premiers succès. »

Outre ses réussites professionnelles, l’Adjum Lucas affirme qu’il chérit les nombreux avantages personnels qu’apporte son travail.

« Lorsqu’on s’investit complètement et qu’on s’engage à fond, on en retire un sentiment de fierté, mais on se fait aussi de bons amis en cours de route. »

Par Steven Fouchard, à l’aide de dossiers de Natalie Flynn, Affaires publiques de l’Armée

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