Une canadienne d’origine britano-jamaïcaine première militaire de sa famille

Article / Le 20 février 2018 / Numéro de projet : 18-0054

Par le sergent Sophia Miller, 25e Ambulance de campagne (Toronto)

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Février est le Mois de l’histoire de noirs, une période pour rendre hommage aux Canadiens noirs, passés et présents, qui ont servi comme militaire et comme employés civils à la défense et au service du Canada, même avant la Confédération.

Dans le récit à la première personne qui suit, rédigé pour le Mois de l’histoire de noirs, le sergent Sophia Miller, une technicienne médicale de la Première réserve des Forces armées canadiennes (FAC) au sein de la 25e Ambulance de campagne (Toronto) raconte comment elle a réalisé son rêve de devenir la première femme de sa famille à servir dans les forces armées.

Le sgt Miller décrit les hauts, les bas et les victoires de ses 24 années de carrière de réserviste à travers l’objectif de son bagage britano-jamaïcain. Elle a joué un rôle-clé pour faire des tresses africaines acceptées par le règlement sur la tenue des FAC, lequel appuie progressivement les besoins des différents groupes culturels en ce qui concerne la chevelure et la coiffure. Voyez la Galerie de photos et les liens connexes pour avoir des exemples de la politique.

Au moins un soir par semaine et une fin de semaine par mois, le sgt Miller s’entraîne avec son unité pour être prête à servir par suite de catastrophes naturelles ou pour apporter du soutien lors d’événements liés à la sécurité et à la protection au Canada. Comme vraie « citoyenne-soldate », le sgt Miller mène une double vie; elle travaille à temps partiel au sein des FAC et à temps plein comme infirmière civile, une seconde carrière qu’elle a atteinte grâce au programme d’aide pour frais de scolarité de la Première réserve.

Toronto (Ontario) — Je m’appelle Sophia Louise Miller; je suis née le 29 février 1968 et je suis la fille de Sylvia Miller (née Campbell) et d’Uton Miller.

Je suis la deuxième de trois enfants; j’ai deux frères. Comme je suis née à Lewisham, au sud de Londres de parents britano-jamaïcains, je m’identifie comme Britano-Jamaïcaine.

Quand j’étais petite, mes parents se sont séparés et mon père a déménagé au Canada. Pendant les étés, j’allais visiter mon père, puis je revenais en Angleterre en septembre pour aller à l’école. Ce fut ma routine habituelle pendant plusieurs années, mais en 1987, après une de nos visites, mon frère et moi avons décidé de rester au Canada.

Je viens d’une famille où de nombreux hommes ont fait du service militaire; pas jusqu’à la retraite, mais ils ont néanmoins servi comme sujets britanniques, à défendre la Grande-Bretagne lors des deux Guerres mondiales, alors les forces armées ont notre respect. En 1916, mon grand‑oncle s’est retrouvé en Europe pour la Première Guerre mondiale, et il n’est jamais revenu au pays, alors mon plus jeune frère a été nommé en son honneur.

Mes deux frères ont fait du service militaire : mon frère aîné a servi chez les Paras (le régiment des parachutistes), un régiment d’infanterie aéroporté de l’Armée britannique, tandis que mon frère cadet a servi dans le 2e Régiment de génie (Milice) [qui a été rebaptisé 32e Régiment du génie de combat] à Toronto. Alors, j’ai eu beaucoup d’appuis lorsque j’ai envisagé de m’enrôler dans les forces armées.

Le 11 mars 1993, j’ai prêté serment pour m’enrôler dans la FAC, au sein de la 25e (Toronto) Compagnie médicale, qui est par la suite devenue la 25e Ambulance de campagne (Toronto), en qualité technicienne médicale de la Première réserve des Forces canadiennes. La 25e Ambulance de campagne (Toronto) est une unité médicale basée à Toronto (Ontario). Elle fait partie du 4e Groupe des Services de santé, dont le quartier général (QG) se trouve à Montréal (Québec). C’est la seule unité médicale de la Première réserve à Toronto. L’unité est constituée d’une compagnie médicale, une compagnie de soutien des services et d’un élément de commandement.

J’ai passé la moitié de ma vie dans les forces armées, et j’ai vécu de nombreuses expériences positives. À titre d’exemple : lorsque j’ai été diplômée du Cours de leadership junior à Petawawa (en 2001), lorsque j’ai reçu une mention élogieuse de la Police provinciale de l’Ontario pour avoir aidé des victimes civiles impliquées dans un grave accident sur l’autoroute 400 (en 2006), et lorsque j’ai reçu une lettre de félicitations du commandant du Groupe du recrutement pour mon beau travail quand je travaillais au recrutement (en 2016).

Comme feu mon père avait l’habitude de dire : « Dans toute chose, on doit prendre le bon et le mauvais », alors, malgré de nombreuses expériences positives dans les forces armées, quelques-unes sont entachées de mauvaises expériences, alors je ne suis pas étrangère aux côtés négatifs qui ont semé mon parcours.

J’ai vécu l’une de ces expériences au début de ma carrière, lorsque j’étais une jeune soldate en 1994. Je portais des tresses africaines alors que je défilais avec mon unité. Pendant l’inspection, j’ai reçu des remontrances devant l’unité de la part d’un sergent et on m’a ordonné de sortir du rang et de défaire mes tresses immédiatement.

Comme j’étais nouvelle au sein des forces armées, j’ai été assez ébranlée par cette expérience, alors j’ai signalé l’incident. Éventuellement, les FAC ont modifié les règles vestimentaires des Ordonnances et règlements royaux applicables aux FAC pour rendre les tresses africaines acceptables. Je me sens très fière d’avoir été le catalyseur derrière ce changement très important et je félicite les FAC pour avoir agi rapidement afin de créer un milieu plus inclusif.

La mise en œuvre du programme d’aide aux frais de scolarité, de l’ordre de 2 000 $ par année, pour les membres de la Première réserve m’a incitée à retourner aux études pour une seconde carrière en 2009. Compte tenu de mes années d’instruction et de mon expérience de technicienne médicale, je suis naturellement devenue infirmière.

Grâce à ma nouvelle carrière en soins infirmiers depuis 2012, j’ai de l’expérience comme infirmière communautaire civile travaillant principalement avec des aînés à domicile et je travaille actuellement comme infirmière soignante à l’unité de soins de l’AVC (accidents vasculaires cérébraux) de l’hôpital Toronto East General.

La raison pour laquelle je me suis enrôlée dans les forces armées, c’était tout simplement parce que je voulais devenir une soldate. Ni plus ni moins. Dans ma famille, je suis la première femme à servir dans les forces militaires; je voulais être la première et là, je suis la seule.

Contrairement à mon frère aîné, je ne souhaitais pas faire partie d’une unité des Forces spéciales. Tout ce que je voulais, c’était devenir technicienne médicale de l’Armée. En rétrospective, je ne dirais pas que j’ai eu toutes les motivations profondes et admirables que les autres peuvent avoir, mais je peux dire que c’est la meilleure décision que j’ai prise. Je me suis enrôlée dans les forces armées en raison de l’histoire militaire de ma famille, mais je suis restée pour les gens. J’aime mes amis. J’aime mon unité. J’aime mon métier. J’aime faire partie de la famille militaire.

Par-dessus tout, j’aime la personne que je suis devenue en raison des FAC. Aujourd’hui, je peux dire avec confiance que je suis un chef motivé, inlassable, méthodique, empathique et imperturbable. Je n’avais aucune de ces qualités avant.

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