À vos marques, visez, tirez : de MR à OOA avec la 20e Batterie autonome

Article / Le 6 février 2017

Par Ashely Materi, Affaires publiques de la 3 Div CA

Si vous demandez aux membres des Forces armées canadiennes (FAC) ce qu’ils préfèrent de leur travail, vous recevrez une multitude de réponses différentes. Certains aiment avoir l’occasion de voyager, d’autres sont heureux de voir une partie de leurs frais de scolarité postsecondaire payés, et d’autres encore se sentent tout simplement accomplis de servir leur pays et de faire une différence.  

Pour quelques militaires, toutefois, l’aspect le plus prisé de faire partie des FAC est d’avoir la chance unique d’utiliser des systèmes d’armes variés au quotidien. Pour les membres de l’artillerie en particulier, travailler avec des armes comme l’obusier C3 et le mortier de 81 mm est certainement l’une des facettes les plus excitantes de leur travail.

« Pour être honnête, je crois que nous sommes nombreux à nous joindre à la Réserve lorsque nous découvrons ce que fait l’artillerie, c’est-à-dire faire exploser des choses », avoue le lieutenant (Lt) Michael Bittman.   « C’est amusant. Avoir un C3 pleinement chargé et tirer sur une distance de 12 kilomètres est l’une des expériences les plus exaltantes qui soit. »    

Le Lt Bittman s’est joint à la 20e Batterie autonome de campagne, Artillerie royale canadienne (ARC) à titre de réserviste en 2009, alors qu’il était étudiant en justice pénale au Collège Lethbridge. L’artillerie n’était pas son premier choix – il avait d’abord prévu suivre les traces de son père et entrer dans la Police militaire après l’obtention de son diplôme –, mais c’était à l’époque la seule ouverture possible dans la Réserve. Il s’était donc dit qu’il y resterait temporairement, jusqu’à la fin de ses études. Toutefois, en cours de route, il est tombé amoureux de la profession, de son unité et de la sensation exaltante que l’artillerie lui procurait.

Comme son engagement avec la Réserve était à temps partiel, le Lt Bittman a pu poursuivre ses études à un niveau universitaire, en obtenant notamment un diplôme en justice pénale de l’Université d’Athabasca. Il a également décroché un poste dans le domaine correctionnel auprès du Solliciteur général de l’Alberta. Il y a quelques années, il a présenté une demande de transfert de catégorie de service pour se joindre à la Force régulière, mais il a finalement changé d’idée et décidé de demeurer dans la Réserve. Il est aujourd’hui beaucoup trop épanoui dans ses deux carrières – de civil et de réserviste – pour faire le saut.

« J’adore cette unité et je ne la changerais pour rien au monde, même pas pour me joindre à la Force régulière », déclare-t-il fièrement.

Les traditions des FAC  et les traditions familiales se chevauchent dans la vie du Lt Bittman. Son père s’est joint à la Police militaire en 1978 et y a servi pendant 27 ans, tandis que sa mère a travaillé comme technicienne en approvisionnement du génie construction pendant 25 ans, après son enrôlement en 1973. Ses deux parents ont pris part à des déploiements à l’étranger au cours de leur carrière dans les FAC, un objectif que le Lt  Bittman s’est également fixé.

« Ma mère a participé à une mission de maintien de la paix de l’ONU en Égypte en 1979. J’aimerais faire de même, j’aimerais faire au moins deux déploiements »,  indique-t-il.

Celui qui se décrit comme « une progéniture de la Force régulière » affirme que ses parents se doutaient bien qu’il ferait partie des FAC, mais qu’ils ne s’attendaient pas à le voir devenir un lieutenant commissionné.

« C’était un moment assez cool lorsque j’ai pu montrer mon parchemin de commission à mes parents, deux sergents retraités, avoue le Lt Bittman. Mon père a même versé une larme, c’était super. Je lui ai dit qu’il pouvait mettre ses talons ensemble et me faire un salut… mais il n’a pas vraiment aimé ça»,  poursuit-il en riant.

Le Lt Bittman compte une autre distinction exceptionnelle à sa liste de réalisations professionnelles : il est l’un des deux seuls réservistes de la 41e Brigade à avoir été nommé officier d’observation avancé (OOA) en 23 ans. Il précise que d’autres membres de la Brigade ont effectué le transfert vers la Force régulière et obtenu cette qualification, mais que lui et un autre de ses collègues sont les deux seuls membres « d’origine » de la 20e Batterie autonome de campagne à occuper ces fonctions.

À titre d’OOA, il est appelé à parcourir l’Alberta pour enseigner à d’autres unités en quoi consiste l’artillerie et comment l’inclure dans leurs attaques et leurs activités quotidiennes en campagne. Cet enseignement se fait sous forme de démonstration de l’intégration de différents GPM pour former une équipe de combat ou un groupe tactique efficace, ce qui est selon le Lt Bittman un aspect important de la cohésion en campagne. 

« C’est comme un orchestre : les éléments du génie, de l’artillerie, de l’infanterie et de l’arme blindée d’une équipe de combat doivent travailler en harmonie pour être efficaces », estime-t-il.

La collaboration entre les unités n’est pas le seul élément qu’il trouve excitant; il a également hâte de voir ce qui attend la 20e Batterie autonome de campagne dans les prochaines années. Celle-ci est passée d’une unité de défense aérienne à une unité d’artillerie en 2011, et depuis ce changement, beaucoup de réservistes talentueux se sont joints à ses rangs et ont excellé. Il est curieux de la direction que prendra l’unité dans la prochaine décennie, en ajoutant que ce sera « plutôt cool » de voir la progression de l’instruction et de la carrière de ses membres.

Pour ce qui est de son propre cheminement, le Lt Bittman est impatient de voir ce que l’avenir lui réserve. Après un avancement en grade fulgurant, il est ouvert à toutes les nouvelles possibilités qui s’offriront à lui.

« Peu importe où ma carrière me mènera, j’irai. Je suis passé de soldat à bombardier, j’ai obtenu ma Qualification élémentaire en leadership puis ma commission d’officier, et je suis maintenant un OOA qui travaille avec des majors à l’échelle de la Brigade. Je ne sais pas ce qui m’attend pour la suite, mais je suis certain que ce sera amusant », conclut le Lt Bittman.

Date de modification :