La technologie de formation virtuel va mettre les équipages de véhicules de l'Armée canadienne "à plein sprint"

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Article / Le 24 février 2016 / Numéro de projet : 15-0224

Ottawa (Ontario) —De grands projets se préparent et verront l’Armée adopter une importante technologie de simulation pour entraîner ses équipages de véhicule de combat.

Le projet du système d’entraînement des équipages des véhicules terrestres (SEE VT) en est à ses premières étapes, et la demande de propositions ne sera pas envoyée aux fabricants d’ici 2020. Cependant, comme l’a expliqué le Major Dan Turcotte, directeur du projet, les représentants ont déjà une vision solide sur l’endroit où aura lieu l’instruction et la façon dont elle se déroulera une fois l’équipement en place.

« Le Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne envisage l’instruction efficace en simulateur pour qualifier les équipages avant d’effectuer des exercices de tir réel ou des opérations, » ajoute le Maj Turcotte. « À l’aide de cette approche, nous nous attendons à ce que la qualité d’instruction atteinte s’améliore tandis que les coûts d’instruction diminueront. »

Le projet est une réponse à la mise en œuvre de plusieurs nouveaux véhicules à la flotte de l’Armée : le Char de combat principal Leopard 2, le véhicule blindé léger (VBL III), et le véhicule de patrouille blindé tactique (VPBT). « Ces véhicules rendront les simulateurs actuels de l’Armée désuets, » dit le Maj Turcotte, ajoutant que certaines compétences nécessaires pour l’équipage peuvent seulement être pratiquées en simulateur en raison des règlements de transport, des limites géographiques et autres restrictions possibles.

Le Maj Turcotte, de même que les directeurs de projet antérieurs, a visité les centres d’instruction virtuelle en Bretagne, aux Pays-Bas et en Suisse afin d’avoir une idée générale de la technologie offerte et des meilleures pratiques. Chaque pays possède une seule installation, ajoute-t-il, tandis que l’Armée planifie apporter les simulateurs aux soldats en les installant dans l’ensemble de ses bases importantes : Gagetown, Valcartier, Petawawa, Shilo et Edmonton.

« Vous pouvez donc saisir l’ampleur de ce projet, » ajoute-t-il. « Ils en ont un, mais nous en installerons cinq. On part de zéro et on tire profit de toutes les leçons qu’ils ont apprises. »

Les équipages suivent une instruction réelle en Alberta, à la Base des Forces canadiennes/l’Unité de soutien du secteur Wainwright, où se trouve la plus importante installation de simulateur d’effets d’armes (SEA) de l’Armée, et où les soldats peuvent participer à des combats simulés à l’aide de la technologie laser qui simule le tir et les dommages des armes. Le Maj Turcotte explique que ça prend beaucoup d’entraînement avant d’être prêt pour des exercices de SEA à grande échelle, et le SEE VT permettra à davantage de soldats de se maintenir « prêts au combat » tandis qu’ils attendent leur tour.

« L’utilisation du SEA demande beaucoup d’entraînement, » ajoute le Maj Turcotte. « Seulement certains soldats peuvent atteindre ce niveau d’entraînement chaque année. Entre-temps, l’intention du SEE VT est d’accroître et de compléter l’instruction. »

La capacité de réseautage a également été identifiée comme un élément clé du SEE VT et l’Armée cherche un système qui permettra à 175 membres d’équipage à chaque base de s’entraîner ensemble dans les mêmes scénarios simulés.

 « Le réseau est réellement l’infrastructure qui les relie, » dit le Maj Turcotte. « Vous obtenez la capacité de s’entraîner dans le même scénario. Au bout du compte, ils peuvent s’entraîner dans des scénarios différents ou tous dans le même scénario, et toutes les combinaisons entre les deux. »

Bien que le projet du SEE VT ne comprenne pas de plans pour relier par réseau les différentes bases, le Maj Turcotte explique qu’on en discute dans un projet distinct.

Les équipages du VBL III s’entraînent actuellement sur le simulateur provisoire d’instruction de tir de l’équipage (SPITE) alors que les équipages du Leopard 2 utilisent le simulateur de tir au canon du Leopard 2 (LGST).

« Le SPITE est un simulateur de bureau qui représente les stations de chaque équipage pour entraîner un seul équipage de VBL, » explique le Maj Turcotte. « Le LGST offre de l’instruction sur les stations d’équipage du char, mais il est principalement conçu pour le canonnier et le chef de char. » Il ajoute que le système actuel n’offre pas la même souplesse et les mêmes occasions d’instruction, et que le projet du SEE VT représente un progrès majeur pour la capacité d’instruction de l’Armée.

« Nous prévoyons que l’instruction de l’Armée changera considérablement avec la mise en service des systèmes immersifs d’entraînement virtuel. Notre approche actuelle à l’instruction permet aux soldats et aux équipages d’obtenir une gamme de compétences distinctes avant de se retrouver sur le terrain. Avec l’intégration de la simulation virtuelle, les soldats auront atteint la pleine vitesse lorsqu’ils seront rendus aux exercices d’entraînement sur le terrain. »

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l'Armée

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