Les Rangers canadiens prennent les rênes de l’exercice CHOKE APPLE

Article / Le 13 octobre 2016 / Numéro de projet : 16-0280

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Victoria, Colombie-Britannique  — Même si l’Armée canadienne (AC) dispose d’une multitude de véhicules complexes à technologie de pointe, il y aura toujours des situations qui requerront des approches beaucoup plus simples. Comme l’a prouvé l’exercice CHOKE APPLE (Ex CHOKE APPLE) récemment, parfois, seul un cheval peut faire l’affaire.

L’édition de cette année de l’Ex CHOKE APPLE, qui s’est déroulé durant l’été, a réuni des membres du personnel de la 3e Division du Canada de l’AC, dont des membres du 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (4 GPRC) de même que des troupes de la Force régulière et de la Réserve, pour leur permettre d’acquérir des habiletés liées à l’utilisation d’un des plus anciens moyens de transport au monde : les chevaux.

CHOKE APPLE était décidément un choix ironique pour un nom d’exercice : les néophytes de l’équitation doivent saisir le pommeau, la partie surélevée de la selle devant le cavalier. Pommeau est dérivé de « pomum », le mot latin pour « pomme ». C’est la raison pour laquelle les cavaliers chevronnés appellent les cavaliers débutants des « apple chokers », expression anglaise qui signifie « serre-pommeau ».

Le lieutenant-colonel Russ Meades, commandant du 4 GPRC, a expliqué que l’exercice s’adresse principalement aux Rangers canadiens, une sous-composante de la Réserve de l’Armée qui exécute des missions en matière de sécurité nationale et publique dans les régions inhospitalières nordiques, côtières et plus isolées du Canada.

« L’équitation représente principalement une instruction sur la mobilité pour les Rangers canadiens », a-t-il expliqué. « Nous empruntons souvent des terrains très accidentés, et à certains endroits, même les VTT et les motoneiges ne peuvent pas passer. Les chevaux sont l’une des alternatives viables. » 

Le 4 GPRC a la chance de compter parmi les siens un certain nombre d’experts dans tout ce qui touche à l’équitation. Le Ranger canadien Paul Nichols a été l’hôte de l’Ex CHOKE APPLE, en compagnie de sa femme Terry, à sa propre ferme Pen-Y-Bryn près de Quesnel, en Colombie-Britannique.

« Grâce à ses longues pattes, un cheval peut se déplacer sur des terrains qui donneraient du fil à retordre à des véhicules sur roues », a mentionné le Ranger Nichols. « L’autre avantage est que nous pouvons nous déplacer en silence. Et ces animaux ont des sens incroyables. Ils sont toujours à l’affût, ils tendent l’oreille pour déceler toute trace de bruit ou de perturbation dans les buissons. Et si vous êtes à l’écoute de vos chevaux, ils vous diront et vous montreront beaucoup plus que nous pouvons voir ou sentir. »

Les Rangers canadiens sont ceux qui sont les plus susceptibles d’arriver en premier sur la scène de missions de recherche et de sauvetage et d’autres scénarios du même genre dans les régions éloignées, a ajouté le Lcol Meades, mais il y a de bonnes raisons d’inclure les réservistes et les membres de la Force régulière dans cette instruction.

« L’interaction entre les Rangers canadiens, les membres de la Force régulière et les troupes de la Réserve présente un potentiel immense », a-t-il déclaré. « Plus il y a d’interaction et plus ils s’habituent à être ensemble, plus ils adopteront une approche intégrée et cohésive lorsqu’ils seront dans le feu de l’action. »

Terry Nichols a bonne réputation dans le domaine de l’équithérapie, dont les avantages sont documentés pour les militaires qui ont subi des traumatismes. Les animaux sont très sensibles à l’humeur du cavalier et ils répondent mieux aux commandes lorsque ce dernier faire preuve de force, par exemple. L’équitation peut donc aider un soldat ayant vécu un traumatisme à retrouver sa confiance.

Les travaux thérapeutiques ne faisaient pas officiellement partie de l’Ex CHOKE APPLE, a noté le Lcol Meades, mais ils ont fait partie des sujets discutés par les participants après les activités quotidiennes officielles.

« L’énergie que consacre l’humain à ce cheval déterminera en grande partie le genre de relation qui se tissera entre les deux », a-t-il affirmé. « Le cheval est capable de faire disparaître certains problèmes dans la vie d’une personne. J’ai personnellement été témoin d’une personne qui a fondu en larmes simplement en raison de la présence d’un cheval. C’est extraordinaire. »

Le Ranger Nichols a comparé son rôle durant l’Ex CHOKE APPLE à celui d’un instructeur qui donne un cours de conduite militaire, et Terry Nichols a offert une différente perspective.

« Terry est une cavalière très douée et elle a vraiment un don pour faire travailler les chevaux – à l’intérieur de leur tête », a-t-il expliqué. « Si vous voulez tirer le meilleur parti de vos chevaux, vous devrez entrer dans leur tête. Vous devez les convaincre que c’est la bonne idée, que l’endroit où vous allez est logique et que vous avez leurs intérêts fondamentaux à cœur. C’est un très bon lien avec la formation en leadership. »

Le Lcol Meades a ajouté que l’Ex CHOKE APPLE correspond bien à l’approche multidimensionnelle de l’AC qui vise à prendre soin de ses militaires.

« Nous abordons des sujets comme la connaissance de soi, la santé spirituelle, la condition physique, l’aptitude familiale et la santé des relations », a-t-il déclaré. « Ces sujets, s’ils sont abordés correctement, renforcent la résilience en la personne et par conséquent en l’institution. Et si nous l’abordons dans le cadre de CHOKE APPLE, nous en avons certainement pour notre argent, tout comme le public. »

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