Technicien en soins médicaux d'urgence et réserviste : deux emplois exigeants

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Article / Le 21 novembre 2016

Certaines personnes sont satisfaites de l’atmosphère paisible d’un bureau pendant toute leur carrière. Le sergent Will Barnard n’est pas l’une de ces personnes.

Le Sgt Barnard travaille comme technicien en soins médicaux d’urgence (EMT) à Calgary, en Alberta, et comme sergent-major de la troupe A à Lethbridge au sein de la 20e Batterie autonome de campagne. S’épanouir dans un environnement très stressant représente un défi, mais selon le Sgt Barnard, c’est la sensation extraordinaire de surmonter les difficultés qui rend ses deux emplois aussi intéressants.

 «  Il n’y a pas deux journées qui se ressemblent », affirme-t-il.   « Il y a toujours quelque chose de nouveau. » 

Le travail comme EMT exige de longues heures, des compétences solides en réflexion critique et la capacité de rester calme dans des situations traumatisantes. Cela peut être accablant pour de nombreuses personnes, mais le Sgt Barnard estime que l’instruction qu’il a reçue au sein de la Réserve lui a aidé à gérer les pressions imposées par son emploi civil.

Lorsque le Sgt Barnard s’est enrôlé dans la Réserve en 2002, il travaillait à temps partiel au McDonald alors qu’il fréquentait l’école secondaire. L’un de ses amis l’a incité à s’inscrire à l’instruction de base, et il a décidé de tenter sa chance. Toutefois, il a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de rester militaire après l’instruction de base.

 « Je n’avais aucune idée que c’était quelque chose que je voulais faire », a dit le Sgt Barnard.  « Pour moi, ce n’était qu’un simple défi, et je voulais savoir si j’étais capable de l’affronter. Je n’ai pas pensé que je tisserais des liens si solides avec les autres recrues ». 

Le travail d’équipe est un élément essentiel des deux carrières du Sgt Barnard. Il mentionne que lors de l’instruction de base de la Réserve, le niveau de stress est élevé artificiellement pour obliger les recrues à travailler ensemble pour accomplir leurs tâches, leur permettant ainsi de tisser des liens solides. Le travail comme EMT exige également une collaboration étroite avec des collègues dans des situations éprouvantes, ce qui permet aussi de renforcer la dynamique de l’équipe.

Bien que cette équipe solide soit essentielle pour composer avec des situations stressantes, le Sgt Barnard admet que les exigences de ses carrières peuvent parfois être accablantes.

 « Toute personne qui vous dit le contraire ne ment pas nécessairement, mais elle vit un bon moment », affirme-t-il.   « C’est parfois difficile. Pour trouver un équilibre entre sa carrière et les forces armées, il faut connaître ses priorités ». 

Toutefois, il énumère diverses ressources militaires qui sont à sa disposition, notamment:

  •  des aumôniers,
  • une ligne d’urgence confidentielle en service 24 heures par jour, 7 jours par semaine et
  • sa chaîne de commandement.

Il mentionne que, d’après son expérience à la 20e Batterie autonome de campagne, il se sent à l’aise de discuter de préoccupations relatives au stress avec tous les membres de son équipe.

Il affirme aussi qu’il s’agit parfois d’une question de priorités. Les obligations civiles et les carrières peuvent parfois avoir préséance, et la Réserve est conciliante et compréhensive de cette réalité. L’option d’être exempté des fonctions de la Réserve pendant une période prolongée fait partie du programme d’exemption de service et d’instruction. Cette option permet aux réservistes de se concentrer sur leur vie civile pour une multitude de raisons (étudier en vue d’examens finaux, effectuer son travail, etc.).

Son instruction au sein de la Réserve l’aide non seulement à exercer ses fonctions dans le cadre de son emploi civil, mais elle lui donne également l’occasion de voyager dans l’ensemble du pays et à l’étranger. Il explique qu’une carrière dans les forces armées offre une occasion unique de s’entraîner partout au Canada et de participer à des déploiements partout dans le monde, et de voir l’incidence favorable du travail accompli dans les collectivités où les opérations se sont déroulées.

Le Sgt Barnard a travaillé comme commandant de convoi à Kaboul, en Afghanistan, en 2013. Il affirme qu’il a vécu une expérience positive lors de ce déploiement, car il a eu l’occasion de rencontrer des civils et de voir la façon dont le travail effectué par les Forces armées canadiennes améliore leur vie.

 « Nous assurons la sécurité, nous aidons à construire de nouvelles écoles, nous formons leurs militaires, leurs policiers, et cela a une réelle incidence positive sur leur vie»,  affirme-t-il.   « Ces résultats confirment notre raison d’être là ». 

Les opérations nationales constituent également un aspect important du travail des réservistes au sein de leur communauté. Le Sgt Barnard a assuré la sécurité lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver et il suit actuellement un entraînement préparatoire à Shilo, au Manitoba, au 1er Régiment, Royal Canadian Horse Artillery (1 RCHA), en vue de l’opération PALACI. Cette opération représente la contribution des Forces armées canadiennes au programme de prévention des avalanches de Parcs Canada à Rogers Pass, en vue de prévenir les avalanches naturelles non contrôlées qui peuvent ravager des routes essentielles et des liaisons ferroviaires entre la Colombie-Britannique et le reste du Canada.

Selon le Sgt Barnard, la Réserve n’a pas seulement une incidence positive lors des opérations; les collectivités où sont basées les unités de la Réserve tirent également des avantages. Il dit que les jeunes de la région ont l’occasion d’acquérir de l’expérience dans un emploi stressant, ce qui les permet de prendre une décision éclairée pour déterminer si d’autres emplois intenses, comme ceux de pompier ou de policier, leur conviennent. Ils ont également l’occasion de servir la collectivité, de faire un peu d’argent et de recevoir une aide financière pour leurs études. Les réservistes peuvent recevoir jusqu’à 2000 $ par année pendant quatre ans pour les frais de scolarité ou les livres.

Le Sgt Barnard affirme qu’une carrière dans la Réserve est exigeante sur le plan physique et mental, mais qu’il s’agit également d’une expérience extrêmement enrichissante.

 « C’est un peu comme une dépendance, ces défis »,  affirme-t-il.   « Si vous êtes à la recherche d’un emploi qui mettra au défi votre esprit et votre corps, c’est un excellent choix. » 

Malgré les pressions inhérentes de ses carrières comme EMT et réserviste, le Sgt Barnard affirme qu’il y a toujours des occasions de s’amuser. Après certains exercices, les militaires peuvent participer à une célébration en prenant un repas copieux et quelques bières. Il mentionne également que puisque l’instruction et les cours ont lieu partout au Canada, les militaires ont l’occasion d’explorer diverses villes. Durant un cours de technicien de poste de commandement à Vancouver, les stagiaires ont été en mesure de porter leurs vêtements civils et visiter la ville, y compris des visites de microbrasseries la fin de semaine.

L’un des souvenirs les plus chers du Sgt Barnard s’est produit alors qu’il participait à l’opération PODIUM durant les Jeux olympiques à Vancouver. Lui et d’autres militaires ont été chargés d’effectuer une reconnaissance de montagnes voisines pour vérifier s’il y avait des endroits où des personnes non autorisées pouvaient surveiller la région. Après avoir examiné les lieux au sommet d’une montagne, ils ont remarqué des sillons naturels dans la neige. Comme ils portaient des pantalons et des manteaux imperméables, ils ont décidé d’utiliser leurs corps comme luge le long des sillons.

 « À la fin de cette journée, après avoir passé huit heures à grimper la montagne, nous nous sommes assis dans la neige et nous avons glissé jusqu’en bas de la montagne. C’était une expérience formidable. Je ne m’étais pas autant amusé toute l’année. » 

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